mercredi 28 décembre 2016

Les copropriétaires


La réunion des copropriétaires, moment de grâce dans la vie de l'immeuble, saura faire de votre semaine chiante comme un combat de hannetons un festival de joie et de bonheur que vous envierait un Télétubbies.

Une réunion de copropriétaires est une guerre de tranchées: Chacun ne pense qu'à sa gueule et veut faire payer les autres, l'objectif étant de tenir durant toute la réunion sans lâcher le bout de gras. 

Le vieux croulant du 5ième veut son putain d'ascenseur, la gardienne fait l'unanimité contre elle, le friqué du second veut refaire les parties communes façon marbre et paillettes, les jeunes sont trop bruyants, les jeunes sont trop méchants, les jeunes sont trop...jeunes. 

Tout est mal fait, tout est pourri, il faut, il faut, il faut....dépenser votre fric! 

Ces branleurs ne pensent qu'à « entretenir leur patrimoine » alors même que vous cherchez à entretenir votre compte en banque qui s'obstine à rester sous le niveau de la mer. 
 
La réunion de copropriété est une torture projective, un summum du raffinement que les joyeux tôliers de Guantanamo n'auraient oser infliger à leurs pensionnaires, une prévisualisation de tout les éléments qui vont venir vous pourrir la vie dans les années qui viennent.

C'est aussi l'occasion toujours jouissive de voir ce bon vieux Jean-Louis, toujours sous médoc, en moitié moins gros que le mois précédent. Ce mini-Jean-Louis n'est pas sans vous rappeler ce chien moche vu sur le net il y a peu et vous gloussez intérieurement malgré le troupeau de cons qui vous entoure.

A côté d'une réunion de copro, un garagiste est une lopette, un gagne-petit. 

Un embrayage à changer sur une voiture neuve vous fera hurler de rire à côté d'un ascenseur à poser dans un immeuble bien vieux et bien étroit pour faire monter un voisin aussi vieux et moins étroit dans son cube haut perché.

Après une estimation du volume de l'animal vous doutez d'ailleurs de la faisabilité de la chose sans rogner une partie de votre appart afin de laisser passer une cabine grosse comme une armoire normande, là, juste derrière votre tête de lit.

Vous vous surprenez déjà à envisager la solution radicale qui ferait par ailleurs le bonheur d'un nouveau primo-accédant désireux de goûter au bonheur de la propriété. 
 
Vous découvrirez aussi que le « vieux » est une espèce dominante et que malgré un déambulateur et une bouteille d'oxygène dans le dos il est un grand prédateur déterminé à gonfler son voisinage durant de longues années avant de rendre l'âme en toute intimité pour finalement sécher sur la moquette pendant des mois, bien à l'abri derrière sa porte blindée.

L'absence d'activité de l'ascenseur, ultime pied de nez, finira par alerter un voisin moins indifférent que vous et un employé d'une boite de nettoyage spécialisé, dernière victime, devra décoller ce vieux con de son mobilier.

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